Anne Rothschild

Bambous

L’énergie qui se manifeste dans l’élan des bambous vers le ciel me touche profondément. Force, graphisme, verticalité, rectitude, souplesse. Ils sont habités par le souffle. Autant par la vitalité qui jaillit dans leurs tiges vides que par le vent qui agite leurs feuilles. Bruissements, froissements, pépiements d’oiseaux. Leur légèreté apporte la paix. Les emboîtements des nœuds et des entre-noeuds, rappellent l’articulation des os. Quand je les plante, quand je les regarde pousser, quand je les caresse, quand je les cueille pour en faire des impressions sur le papier, il me semble me promener dans le jardin de mes parents à Shanghai. Jardin d’autant plus beau qu’il est totalement fantasmé, puisque je ne l’ai jamais connu qu’en rêve.